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Pérou, en marche vers la merveille, le Machu Picchu
Le responsable de l'agence de trekking nous avait assuré que nous ne serions pas plus de 5 ou 6 participants mais nous voici finalement 9 à cheminer en compagnie de Norberte, notre guide.
Mon compagnon rosbif et moi-même râlons un peu pour la forme mais la perspective de passer cinq jours en haute montagne nous fait vite oublier la taille du groupe.
Nous sommes les deux seuls à avoir déjà fait du trek et les seuls réellement acclimatés à l'altitude. Nous nous inquiétons un peu pour les touristes fraichement débarqués à 3000 mètres et qui vont devoir monter à près de 5000 aussi rapidement. Pourvu que l'aventure ne se transforme pas en galère.
Norberte s'avère être un excellent guide. Très attentif, prudent et étonnant par sa connaissance des moindres plantes et animaux que nous croisons lors de l'ascension. Le groupe se révèle aussi très sympathique et multiculturel : Anglais, Argentins, Brésilien, Polonais, Américains, Gallois et le Français de service, ma pomme. Au final, tout le monde survivra au passage du col du Salkantay à 4600 mètres. Malgré des conditions météo exécrables les deux premiers jours, pluie et neige, nous aurons quelques belles échappées sur les glaciers et les sommets qui nous dominent de leurs 6000 mètres. Puis le soleil nous accompagnera pour la dernière partie du trek en direction du Machu Picchu. Je m'approche du point d'orgue de cette marche à travers les Andes. Nous progresserons au cœur d'une vallée luxuriante parsemée de quelques villages perdus où les habitants parlent encore majoritairement quechua, la langue des Incas. Le Machu Picchu se dévoile progressivement, nous sommes tous impatients de faire enfin sa découverte. Il fait encore nuit lorsque je pars à l'assaut du Machu Picchu. Peu à peu, les premiers rayons du soleil viennent allumer d'une faible lueur les masses sombres des Andes. Et voilà que surgit la cité fantastique. Autour de moi se dressent une multitude de pics couverts de forêt couleur émeraude. Les nuages galopent sur les sommets et font de l'endroit un tableau en perpétuel mouvement. J'ai vu cet endroit sur mille photos et pourtant je reste sans voix devant le site. Comment des hommes ont-ils pu bâtir un tel prodige au sommet de ce pic vertigineux ? La civilisation inca ne cesse de m'étonner.
Machu Picchu signifie Vieille Montagne en quechua. Construit sans doute vers 1440, il s'agissait d'un complexe religieux où vivaient un millier de prêtres et d'agriculteurs. Sans doute un des sites majeurs de l'Empire Inca, l'endroit tomba dans l'oubli après l'invasion espagnole.
Ce n'est qu'en 1911 qu'Iram Bingham redécouvrit les ruines envahies par la végétation tropicale. La nouvelle fit sensation et le Machu Picchu devint rapidement un des sites les plus célèbres du monde.
Dominant les ruines s'élève le Wayna Picchu, ou Montagne Jeune. C'est un excellent point de vue sur le Machu Picchu. Forts de nos 5 jours de marche, Marc et moi galopons sur le sentier escarpé qui mène au sommet du pic. En récompense : une vue à couper le souffle sur la merveille et les montagnes qui l'encadrent.
Je finis donc mon périple en apothéose. Quelle belle conclusion pour ces 3 mois de ballade en Amérique Latine. Alors que le jour décline, je prends congé de mes amis et redescends dans la vallée pour sauter à bord d'un train qui doit me ramener à Cusco. Demain, je serai à Lima. M'attendent ensuite quelques heures de vol vers la Colombie où je dois prendre un vol Air France pour Paris. La suite de mon voyage se déroulera de l'autre côté du globe, aux frontières de l'Asie et de l'Océanie, dans l'archipel infini des îles indonésiennes.
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