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Bolivie, des franges de l'Amazonie à La Paz
![]() Après Potosi, voici Sucre. Deuxième capitale du pays après La Paz et très belle ville coloniale, sans doute la plus belle de Bolivie. C`est avec plaisir que je retrouve aussi une altitude plus agréable (2600 mètres). Sucre (prononcer Soucré) sera aussi l`occasion d`une belle Caipirinha party avec l`ensemble des locataires de l`auberge où je loge. Après 3 jours de repos et de ballade dans cette ville, je quitte mon ami Ami qui décide de rester ici pour prendre des cours d'espagnol. Ma prochaine étape : Samaipata, petite ville située à 1600 mètres d´altitude sur les contreforts de l´Altiplano. Je prends donc le bus direction Santa Cruz. Nous partons a 18:00 à bord d´un semi cama, c´est ainsi que l´on appelle les bus avec fauteuils inclinables en Amérique du Sud. La route est relativement bonne mais je ne parviens pas à dormir. A 5h00 du matin, le chauffeur hurle le nom de Samaipata, deux minutes d´arrêt ! Je bondis sur mon sac et me retrouve au bord de la route en pleine nuit. Le bus poursuit sa route vers Santa Cruz avec les autres passagers. Pressé de trouver un endroit pour dormir, je m´enfonce dans les ruelles du village endormi et frappe à la porte du premier hôtel qui m´annonce être complet. Je finirai par trouver une auberge où je partagerai une "cellule" avec deux Israéliens. Après les hautes altitudes et le froid, je suis surpris de trouver ici un climat presque tropical. Mon séjour ici sera consacré à la visite de El Fuerte, un site archéologique qui date de 1500 av JC et qui garde encore une grande partie de son mystère. Le plus curieux est sans doute cette énorme plaque rocheuse d´une centaine de mètres sur laquelle sont gravés des lignes parallèles qui semblent fuir vers le ciel - certains esprits un peu allumés prétendent qu´il s´agirait de pistes de décollage pour vaisseaux extra terrestres... Autre activité au programme, un journée de trekking dans la forêt de nuages, véritable paradis de fougères géantes. Je m´attends à voir surgir à tout instant un tyrannosaure tant le paysage a des airs de Jurassique. Puis, je décide de remonter sur l´Altiplano et de rejoindre La Paz. Il n´y a pas de bus pour la capitale ici, il me faut donc d´abord descendre sur Santa Cruz, la deuxième plus grande ville du pays, située dans la plaine amazonienne. En compagnie des deux Israéliens et d´une Hollandaise rencontrés ici, nous prenons un taxi, seul moyen de transport à notre disposition. 2 euros chacun pour 3 heures de route, le trajet reste très bon marché ! Je prends place à l´avant et serre les fesses pendant 3 heures : route pourrie, dépassements à l´aveugle, ânes et vaches à profusion ! Santa Cruz : cette ville champignon sans intérêt majeur ne sera l´objet que d´une nuit de repos. Gros village il y a encore à peine 50 ans, c´est aujourd´hui une ville de plus de 1 million d´habitants, véritable capitale économique du pays. Il y fait une chaleur étouffante et la ville a des allures de far west brésilien. Je décide de me faire ici ma première crise d´allergie en Amérique Latine. Un grain de sésame a dû se perdre dans mon assiette alors que je dîne avec mes compagnons de voyage dans un resto du centre-ville.Pressé de rejoindre l´hôtel pour prendre mes médocs, je quitte mes compagnons en plein repas et je pars seul. Préoccupé par la montée de ma crise, je finis par me perdre. C'est alors un grand moment de solitude, seul en pleine nuit dans cette ville de far West. Je croise bien quelques personnages louches mais je me dis qu´il vaut mieux éviter de leur demander quoi que ce soit. Je continue donc en feignant de connaître mon chemin. Plus loin, je croise un vieux clochard. A moitié sourd, il croit comprendre que je cherche une église. Las de lui hurler le nom de ma rue, je décide de me débrouiller seul et finirai enfin par trouver le chemin de mon hôtel. Le lendemain, alors que nous partons à la recherche d´infos sur les bus en direction de La Paz, nous apprenons que la route est bloquée après Cochabamba. Aucun bus, camion ou voiture ne passe depuis une semaine. Les grèves et les blocages de route sont visiblement monnaie courante en Bolivie, notamment depuis quelques temps alors qu'un bras de fer s'est engagé entre les provinces sécessionnistes des plaines et le gouvernement d'Evo Morales. Nous prenons donc place à bord d´un bus pour Cochabamba, à 10 heures de route d´ici. Nous verrons sur place pour trouver une solution. Arrivée au petit matin à Cochabamba. Nous sommes chanceux, la situation s´est débloquée dans la nuit et le trafic reprend ! Une demi heure plus tard et nous voici à bord d´un autre bus pour 7 heures de voyage vers La Paz. Je décide de rester au moins 4 jours là-bas : je fais en effet une indigestion de bus. La Paz : Spectaculaire capitale installée au fond d´une cuvette à 300 mètres sous le niveau de l´Altiplano. Etalée entre 3500 et 4000 mètres d´altitude, c´est la plus haute capitale du monde. Je resterai ici comme prévu 4 jours. Au menu : longues ballades urbaines, visite du musée de la Coca, marchés locaux, tissus, églises coloniales et fiestas. Le marché le plus surprenant est sans doute celui des "sorcières". On y trouve toutes les poudres magiques, herbes médicinales et autres mixtures étranges. Les Indiens y viennent s´approvisionner en poudre de bec de toucan ou fœtus de lama. Ces derniers sont utilisés lors de la construction des maisons. En effet, pour s´attirer la protection de Pacha Mama, la déesse de la terre, la tradition veut que l´on enterre un bébé lama sous les fondations. Les Espagnols ont eut beau imposé leur religion, les vieilles croyances incas sont toujours vivaces.La Coca : Impossible de ne pas évoquer cette plante lorsque l´on voyage en Bolivie. La coca est ici ce que le vin est à la France. La seule différence c´est que l´on peut en consommer à longueur de journée sans être bourré. Elle est vendue dans des sachets de 1kg environ, sous forme de feuilles. Les Boliviens, notamment les Indiens, la consomment en permanence. Ils laissent une certaine quantité de feuilles macérer entre mâchoire et joue et y ajoutent un alcaloïde extrait soit de la banane, soit tout simplement du bicarbonate de soude. Cet adjuvant permet de libérer de manière plus efficace les principes actifs de la coca.Les effets sont les suivants : meilleure oxygénation donc idéal pour combattre le mal de l´altitude, coupe faim et excitant pour lutter contre le sommeil. Le premier acheteur étranger de feuilles de coca est Coca-Cola qui l´utilise pour sa saveur (et non pas pour ses effets). Il existe bien sûr un autre marché de la coca, celui des narco trafiquants qui, dans le Nord du pays, broient les feuilles et font ensuite de savants mélanges avec des produits chimiques pour fabriquer la cocaïne consommée par les Occidentaux. On est bien loin ici de l´usage millénaire qui a cours en Bolivie.
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