| COULEURS |
SOURIRES
|
INFINIS
|
RENCONTRES
|
|
|
|
|
Me voici pour une semaine dans la capitale de l'Argentine : Buenos Aires.
Quel changement ! Grandes avenues, circulation intense, métro... Buenos Aires est une des plus grandes villes d'Amérique du Sud avec 13 millions d'habitants.
Voici quelques traits caractéristiques des Portenos (habitants de Buenos Aires): Ils sont à une écrasante majorité d´origine espagnole ou italienne, comme une grande partie des Argentins d´ailleurs. Peu de mixité raciale ici donc, pas de noirs, quelques asiatiques et amérindiens dans les quartiers pauvres. Les Boliviens - qui forment la majorité des immigrés ici - sont d´ailleurs victimes d´un racisme palpable.
Les Portenos boivent de la yerba maté à longueur de journée. Qué es ? Une boisson chaude à base d´herbes et très amère (il paraît que l´on s´y fait à la longue, je vais donc faire d´autres essais). Les Argentins boivent cela dans un maté, calebasse évidée, à l´aide d´une bombilla (pipette métallique). On s´habitue donc très vite à voir partout, dans le métro, dans la rue, dans les parcs, les locaux siroter leur maté, un thermos d´eau chaude toujours a portée de main pour recharger !
Quoi d'autre ? Ils ont un drôle d´accent, très différent des autres accents latino américains. En gros, ils transforment les y en un son à mi-chemin entre ch et j. Ce qui donne un espagnol très chuintant.
Pour finir, ils sont globalement très sympathiques, mangent des croissants au petit déjeuner, boivent du vin (très bon d´ailleurs) et servent du pain à table. Il ne manque donc que le fromage pour en faire un pays parfait !
Je passerai cette semaine à découvrir les Portenos et à parcourir certains quartiers de leur ville : Palermo, où je suis installé, le Microcentro et ses monuments comme la Casa Rosada ou encore la populaire Boca et ses maisons en tôle multicolores.
Ce quartier populaire était à l´origine essentiellement habité par les ouvriers qui travaillaient au port tout proche. Les gens d´ici avaient pour coutume d´utiliser les restes de peinture destinée aux bateaux pour peindre leurs façades de tôle. Cette tradition donna rapidement cet aspect bariolé qui caractérise encore aujourd´hui la Boca.
Bien sûr, lorsqu´on parle de la Boca, comment ne pas évoquer le club de foot mythique des Boca Juniors et le célèbre stade : la Bombonera. Je ne suis pas un fan de foot mais je me dis que c'est le moment ou jamais de mettre les pieds dans un stade de foot... là ou Diego Maradona est devenu la star que l'on connait.
C'est parti ! Billet en poche, me voici un dimanche après-midi à l'intérieur de la fameuse Bombonera. A ma gauche, la tribune des supporters de la Doce - la douze, pour le douzième joueur. J'imagine en effet qu'un tel public doit donner l'impression aux adversaires qu'ils jouent à 11 contre 12. Je n'ai pas vraiment de moyen de comparaison puisque que je ne mets jamais les pieds dans les matchs de foot mais l'ambiance est hallucinante. Il s'agit d'un match sans grand enjeu contre un autre club argentin sans envergure, le Colon. Pourtant le public chante et hurle sans interruption pendant 90 minutes. Je me dis qu'assister à un match international ici doit être une expérience qui marque.
Bien sûr, Buenos Aires n'est pas faite que de maisons en tôle colorées, loin de là. La majeure partie de la ville est un mélange d'architecture moderne et haussmannienne. En effet, entre la fin du XIXème et le début du XXème siècles, l'argent coulait à flot et Buenos Aires rivalisait avec les capitales européennes. De cette époque datent les nombreux immeubles de style parisien qui donnent souvent une impression étrange d'être à la maison.
S'ajoute à cela, la présence de nombreuses Renault, Peugeot et Citroën. Les crises économiques récentes ne permettant pas à de nombreux Argentins de gagner suffisamment leur vie pour remplacer leurs vieilles voitures, c'est donc plutôt un Paris des années 70/80 que je vois circuler dans les rues : 2 cv, Renault 12 ou 18, Peugeot 504 et de magnifiques Renault Fuego à profusion !
Mais Buenos Aires n'a pas que des voitures de collection comme intérêt touristique. J'y découvrirai ainsi de superbes cafés belle époque et la plus belle librairie du monde, dixit les Argentins : El Ateneo. Installée dans un ancien théâtre, j'avoue que je n'ai jamais vu une aussi belle librairie, sauf peut-être le Furet du Nord à Lille mais ça c'est juste parce c'est à Lille, donc forcément beau !
Mes randonnées urbaines m'amèneront aussi à la Casa Rosada, siège officiel du gouvernement. C'est depuis le balcon de ce bâtiment que Peron et Evita faisaient leurs discours fleuves devant la masse des Argentins réunis sur la Plaza de Mayo.
Difficile de parler de Buenos Aires sans mentionner le tango. Né ici à la fin du XIX ème siècle, dans les quartiers défavorisés, il trouverait son origine dans un mélange de valse européenne, habana cubaine et danses africaines. A l'époque, il n'était dansé que dans les bordels et les bars des quartiers populaires. Il avait donc une réputation sulfureuse. C'est grâce aux jeunes fils de bonne famille qu'il a prit ses lettres de noblesse. En effet, désireux de s'encanailler, ceux-ci se mirent à fréquenter les bouges et lupanars et à danser le tango. Puis, à l'occasion de voyages en France, ils introduisirent cette danse à Paris. C'est là que le tango que l'on connaît aujourd'hui a évolué. Et depuis Paris qu'il a ensuite conquis la planète pour revenir enfin sur sa terre de naissance où Carlos Gardel lui écrira ses plus belles pages.
Je ne danse pas le tango, pas plus que je ne joue au foot. Mais je n'ai pas pu résister au plaisir d'aller admirer les danseurs dans les milongas, lieux où se retrouvent les passionnés de tango, l'après-midi ou le soir. La moyenne d'âge est plutôt élevée mais quelques jeunes semblent s'intéresser de nouveau au tango. Peu importe l'âge, l'émotion dégagée par cette danse est toujours palpable. J'irai ainsi au centre culturel Borges pour assister à un spectacle de danse mêlant tango, classique et flamenco, très beau moment et belle conclusion pour ce séjour à Buenos Aires. Demain m'attendent des milliers de kilomètres vers le Nord de l'Argentine, vers l'Altiplano et la Bolivie.
{0} -
Publié à 03:48, le 9/11/2008, Buenos Aires Mots clefs :
|
Entre Orient et Amérique Latine, ce sont des voyages pleins de rencontres et d'émotions qui ont nourri ces textes et ces impressions à chaud que je compile ici. En illustration, voici aussi quelques photographies de ceux du bout du monde et de leurs pays.
Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Album photos
Mes amis
La carte des lieux visités
Derniers articles
- A la rencontre des Mentawai, les derniers hommes libres de l'île-jungle
- Introduction au tour du monde 2007/2008
- Népal, le routard sur le toit... du monde
- Inde, premiers pas dans le tourbillon : Delhi, Rajasthan
- Inde, échappée dans le désert du Thar, sur les traces du Temple d'Or
- Inde, en chemin pour Varanasi, la ville de la mort
- Thaïlande, pause cocotiers
- Laos, sourires au fil du Mékong
- Laos, Luang Prabang et le Laos secret
- Les îles Vierges : Cap à l'Ouest
- Costa Rica, la Pura Vida
- Argentine, Patagonie, le bout du Monde
- Argentine, Buenos Aires
- Argentine et Bolivie, sur l'altiplano pour un rallye plein ciel
- Bolivie, Potosi, dans les entrailles de l'enfer
- Bolivie, des franges de l'Amazonie à La Paz
- Bolivie, le lac Titicaca, berceau du Soleil
- Pérou, la vallée sacrée c'est le Pérou !
- Pérou, en marche vers la merveille, le Machu Picchu
- Malaisie, étape malaise à Kuala Lumpur
- Indonésie, Sumatra, émotions et terreurs primitives
- Indonésie, la Javanaise
- Indonésie, Bali, Lombok, Flores, poussières de rêve sur l'océan
Rubriques
|