Impressions et images de voyages

Costa Rica, la Pura Vida

                COULEURS  

  SOURIRES      

                                                  

                                       INFINIS       

RENCONTRES              

     

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"Nous commençons à présent notre descente vers San José, veuillez regagner vos sièges et attacher vos ceintures".
Je jette un œil par le hublot. L'avion amorce un virage et vire sur son flanc droit. Le spectacle est magnifique. Nous glissons sur le sommet des nuages. Devant moi, surgit de l´océan de vapeur le cône parfait du volcan Arenal duquel s'échappe un long panache de fumée. Bienvenue au Costa Rica, le royaume des volcans et des forêts vierges, le pays de la Pura Vida.

Je foule le sol du Costa Rica et celui de l´Amérique Latine pour la première fois. Et pour la première fois aussi je n'ai rien prévu. C'est donc avec surprise que le chauffeur de taxi qui vient de m'aborder me regarde lorsque je lui dis que je ne sais pas où je vais... Momentito ! Vite, il me faut une idée de destination ! Je me décide pour Tortuguero, minuscule village perdu au milieu de la forêt tropicale.

Quarante minutes de taxi plus tard, me voici au Central del Caribe, la gare routière d'où partent les bus vers la côte Caraïbe. Je change quelques dollars contre des Colones et prends place à bord d'un bus bondé, destination Guapiles puis Cariari.
fleur tropicaleNous sortons bientôt des faubourgs de San José et descendons des hauts plateaux par une belle route en virages vers les plaines littorales. A perte de vue s'étale la forêt vierge. Après 3 heures de voyage, nous faisons halte à Cariari. Je prends mon premier casado, mélange de haricots, riz et salade accompagné d'une viande au choix. Avec le gallo pinto du matin (riz et haricots mixés) je viens de trouver la base de mon alimentation pour les prochaines semaines.
En attendant mon prochain bus qui doit me mener a Pavona, j'entame la conversation avec Adolfo, un jeune Tico (surnom des habitants du Costa Rica) qui s'applique a améliorer mon espagnol rudimentaire. Je sais que plus je descendrai vers les Andes, moins les chances de trouver des anglophones seront grandes, il me faut donc rapidement être autonome dans la langue de Cervantès.

Après une heure et demie de piste défoncée, me voici à Pavona. Il reste deux heures de bateau pour rejoindre Tortuguero. On m'explique que le niveau de la rivière est trop bas ces derniers jours et que le bateau ne peut donc pas venir jusqu'ici. Je marche donc 30 minutes à travers une bananeraie pour rejoindre le bateau. Nous progressons dans la boue mais cela ne semble pas déranger les Ticas perchées sur des chaussures à talons compensés !
la jungleLes deux dernières heures de trajet seront fabuleuses. La longue barque à moteur avance à petite vitesse sur l'eau pour éviter les nombreux écueils et les hauts fonds. A plusieurs reprises nous sommes bloqués sur un tronc immergé. L'assistant du pilote saute alors à l'eau pour dégager le bateau pendant que les passagers autour de moi scrutent la surface de l'eau pour guetter "el cocrodilé" ! Après plusieurs échouages et une lente progression au milieu de la jungle épaisse, nous atteignons le Rio, large fleuve couleur de boue au milieu de "l'enfer vert". Le bateau prend enfin de la vitesse et nous parvenons finalement a Tortuguero.
Le village a des allures de petit far west amazonien. Pas de route bien entendu, juste des chemins de terre qui courent au milieu des baraques. Nous sommes cernés par la jungle et la mer qui vient s’écraser en rouleaux violents sur une plage inhospitalière. Au nord, s'étale la forêt jusqu'à la frontière du Nicaragua, même chose au sud jusqu'à Puerto Limon. Tortuguero, c'est le bout du monde et je suis ravi de mon choix de dernière minute.
Installé dans une cabina (hôtel très, très rustique...) avec hamac a portée de main, il ne me reste plus qu'a profiter de la nature extraordinaire qui m'entoure.
el cocrodileJe passerai donc quelques jours ici entre ballades en pirogue sur les multiples bras du Rio et randonnées en forêt pour tenter de débusquer caïmans, singes de tous poils et oiseaux de toutes plumes.
Je fais aussi rapidement la connaissance de Sabine et Lisa, deux Allemandes en mission en Colombie ainsi que de Timo, membre d'une expédition sous-marine. La chaleur étouffante de la forêt nous donnera à tous un bon prétexte pour descendre quelques Imperial, la fameuse bière locale !
Puis, abreuvé de pluies tropicales, repu des vibrations de la forêt vierge, je reprends le chemin en sens inverse. Je quitte ce cul-de-sac magique pour remonter vers la capitale.

San Jose
De dimensions modestes (300 000 habitants), à la mesure du pays (4 millions d´habitants seulement). San Jose n´a pas de charme particulier et je passerai peu de temps ici.
Je me suis installé dans une pension aux allures de prison mais tenue par un propriétaire adorable et très bavard. Petite ballade dans la ville, l´influence américaine est palpable, fast foods et enseignes yankees sont omniprésents. Les Costariciens ont adopté les mauvaises habitudes alimentaires de leurs voisins du Nord et beaucoup souffrent de surpoids.
menuJe descends la Avenida Principal, direction le marché central, un des rares vestiges de la San José d'autrefois avec une ambiance très latino qui contraste avec les Macdo et autres Pizza Hut. Je m'installe autour d'un comptoir qui encadre lui même quelques tables où déjeunent des familles et commande des tamales sans savoir ce que c'est. Il s'agit de sortes de beignets à la texture de polenta et fourrés de viande et de légumes, plutôt bon. J'accompagne cela d'un jus de mora, aucune idée non plus du résultat mais cela s'avérera être aussi un bon choix.
"Esta rico ?" Me demande mon voisin, un vieux tico curieux de savoir si le gringo aime bien la cuisine nationale. Muy rico ! Très bon ! Evidemment !

Ce soir, je vais me faire une soirée typico dans un soda, restaurant bon marché où se croisent toutes les générations. Peut-être finirai-je au Salsa Club du coin avant de prendre un taxi pour regagner ma pension, ce que tout le monde ici me recommande de faire même si la distance à pied n'est pas si grande, la ville serait devenue dangereuse la nuit. Nous sommes loin encore de l'insécurité de Guatemala City mais je dois visiblement oublier les balades nocturnes en solitaire. Je suis El gringo et El gringo est censé avoir les poches pleines de dollars (et non pas de café !)

Il est temps de reprendre mon sac et de courir vers d'autres horizons. Je me hisse donc à bord d'un bus en partance pour l'Est du pays, direction Tamarindo où le hasard a envoyé deux amies parisiennes, Anne Laure et Christel, en vacances chez une cousine. Je ne pensais pas à l'origine me rendre dans la Mecque costaricienne du surf mais la perspective de passer quelques jours avec des amies me convainc d'aller faire un tour a Tama.gringo.
5 heures de bus et me voici donc au bord de l'Oan Pacifique. Bâtie le long d'une belle plage ou s'écrasent en rouleaux les vagues qui font le bonheur de centaines de surfeurs, Tamarindo est finalement un peu moins développée que je le craignais. La route principale est une piste défoncée où s'activent les bulldozers. De part et d'autre de cette route se succèdent cabinas et hôtels. On construit cependant à tour de bras et des panneaux à vendre poussent comme des champignons dans toute la campagne environnante.
coucher de soleilSi Tamarindo n'a pas encore les allures de Cancun (la tentaculaire station balnéaire mexicaine, symbole du bétonnage en Amérique Centrale), il est évident qu'elle en prend le chemin.
Je peine à trouver une chambre à prix raisonnable et les Ticos s'adressent à moi en anglais. La grande majorité de la clientèle est en effet américaine... gringo. Des centres commerciaux façon US poussent çà et là et je me sens presque en Floride.
Cela ne m´empêche pas bien entendu de savourer un superbe coucher de soleil sur l´océan Pacifique. J´aime l´idée d´être au bord de cet océan quelques jours à peine après avoir foulé les rives de l'Atlantique.
Je ne resterai toutefois pas très longtemps ici et je retrouve rapidement mes amies avec qui je décide de passer quelques jours sur les routes de l'intérieur. Nous prenons donc ensemble la direction de Monteverde et sa fameuse forêt de nuages. Suivra le volcan Arenal.

un coatiLa route qui mène à Monteverde est splendide. Nous prenons progressivement de la hauteur pour rejoindre les plateaux situés à 1000 mètres d´altitude. Sur la route alternent plantations de café et forêts d'altitude. Bientôt apparaît Monteverde, station de montagne ou souffle un vent presque froid qui nous donne un instant l'impression d'être en Savoie.

Ce soir, nous décidons d'échapper à l'ambiance touristique de la bourgade et partons en randonnée nocturne dans la forêt de nuages.
Mais il n' y a pas de nuages ce soir et c'est tant mieux. Cela nous permet de profiter d'une superbe marche à la lueur de nos torches. Nous sommes particulièrement chanceux car nous croiserons un grand nombre d'animaux, coatis, ratons laveurs, renards gris, paresseux, toucan, serpents, tarentule et autres oiseaux dont je n'ai pas retenu les exotiques noms. Le Costa Rica est réellement extraordinaire d'un point de vue nature, que d'espèces aperçues en deux heures de marche !
Le lendemain, nous prenons la direction du volcan Arenal. A travers une forêt de plus en plus dense, nous bénéficions bientôt de belles échappées sur le lac Arenal. Nous nous arrêtons avant la Fortuna, la ville touristique du coin, pour privilégier une petite cabina plus tranquille au pied du volcan. Ambiance dortoir et petite terrasse face au monstre. Nous passerons la soirée à guetter le feu d´artifice mais une épaisse couverture nuageuse s´accroche aux flancs du volcan. Pas de spectacle ce soir !
volcan ArenalDécidés à voir le phénomène, nous ferons le lendemain matin une rando sur le flanc nord, au milieu de champs de lave. Le vent pousse les nuages et nous offre enfin la vue que nous attendions. Le volcan Arenal a une forme presque parfaite, de son sommet s´échappe un long panache de fumée et le long de ses pentes dévalent en permanence de gros blocs de roche en fusion qui explosent bruyamment. Le spectacle est impressionnant, dommage que nous n´ayons pas pu profiter du rougeoiement de la lave en fusion la nuit précédente.

Apres cette belle boucle au cœur du Costa Rica, je quitte mes amies à Puntarenas, un port au bord du Pacifique. Je reprends ici ma route de voyageur solitaire. Un bus m´emmènera à 4 heures de route de là, en direction de la frontière panaméenne, à Manuel Antonio, un superbe parc national où la jungle est bordée par une plage sauvage, rêve de robinson.
plage de Manuel AntonioJe pars pour une belle journée de randonnée sur les chemins du parc, à l'assaut de collines d'où le regard embrasse a la fois la côte et la canopée. Singes, paresseux et iguanes sont au rendez-vous. Je croise aussi une belle vipère fer de lance qui se glisse dans les fourrés.
Autre espèce très fréquente : le touriste américain. Pour lui échapper, je prends les chemins les plus escarpés sur lesquels je fais la connaissance de Laura, une Argentine qui ne parle pas un mot d'anglais. Malgré mon espagnol chaotique, nous parvenons à communiquer et réalisons que nous prenons l'avion le même jour pour Buenos Aires. Nous passerons donc les derniers jours au Costa Rica ensemble. Retour à San José, visite de Heredia, une des rares villes du Costa Rica ou l'on peut encore admirer quelques bâtiments de type colonial puis visite du Volcan Poas pour boucler mon séjour dans ce pays.
Je vais quitter l'Amérique Centrale pour voler vers le continent sud-américain, Buenos Aires et la Patagonie pour commencer. Dans quelques heures je dis adieu au Costa Rica et entame un long voyage de 15 heures via Lima et Santiago du Chili.
 

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Publié à 11:57, le 11/11/2008, San José
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Avis Puntarenas

Bonjour, je me permets de vous envoyer un message car je pars dans 3 semaine à Puntarenas durant 6 mois (stage), mais j'ai lu beaucoup d'avis négatifs sur cette ville: insalubrité, graves problèmes d'insécurité...
Pouvez-vous me donner votre avis vu que vous y êtes allé?

Je vous remercie

Priscillia - 22:35 - 30/01/2011


Avis Puntarenas

Mon mail: priscillia_moulin@hotmail.fr

Merci

Priscillia - 22:39 - 30/01/2011


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Entre Orient et Amérique Latine, ce sont des voyages pleins de rencontres et d'émotions qui ont nourri ces textes et ces impressions à chaud que je compile ici. En illustration, voici aussi quelques photographies de ceux du bout du monde et de leurs pays.


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