Impressions et images de voyages

Inde, premiers pas dans le tourbillon : Delhi, Rajasthan

                COULEURS  

  SOURIRES      

                                                  

                                       INFINIS       

RENCONTRES              

     

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J'ai quitté le Népal. Adieu les hautes terres désertiques du plateau tibétain, adieu la sérénité des grands espaces du toit du Monde.

Me voici à présent en Inde, fourmilière de plus de un milliard d'habitants. Au moment où je pose les pieds sur la terre indienne, le pays connaît la croissance économique la plus rapide de son histoire. Mais plus de 300 Millions d'Indiens vivent encore dans la mire la plus choquante qu'il m'ait été donné de voir.Je retiendrai de mon séjour ici ce vacarme permanent, cette explosion de couleurs et d’odeurs, ces vaches qui bloquent la circulation, une saleté parfois repoussante, une foule inimaginable et des rencontres étranges, parfois mystiques comme seul ce pays peut en livrer. L'Inde est un tourbillon hallucinant auquel on oppose au début ses valeurs occidentales puis dans lequel on se laisse aspirer progressivement pour mieux apprécier la folie de ce pays semblable à nul autre.          

             

vache et orduresDelhi, 25 novembre Je m'éveille seul dans une chambre d'hôtel miteuse. Les cris des gens, les meuglements des vaches sacrées et le vacarme de la circulation sont déjà à leur comble. Hier soir, j'ai partagé mon dernier dîner avec Roman et Fred dans un restaurant branché de New Delhi. Ce fut une dernière touche de confort avant de plonger dans le grand bain et de dire au revoir à mes amis.

     

Un ventilateur antédiluvien s’agrippe miraculeusement au plafond et je me résigne à ne pas l'utiliser pour m'épargner son insupportable bourdonnement. Une fenêtre aux rideaux poisseux donne sur la ruelle encombrée de détritus. Je décide de passer le moins de temps possible dans cette suite royale et je pars à la découverte du chaos qui m'entoure. Dans la rue, mendiants et lépreux m'agrippent alors que j'enjambe des monceaux d'ordure. Je suis perplexe et me demande un peu ce que je fais ici. Je passerai deux jours à Delhi, le temps de trouver un billet de train, le temps de digérer ce premier choc. 

            

couleurs du Rajasthan, PushkarMardi 27 novembre, 6 h du matin :

Je prends place dans le Shatabdi Express qui n'a d'express que le nom, 5 heures pour faire 400 bornes.

Le voyage s'avérera être un très bon moment, je suis de bonne humeur, content de quitter Delhi et mon voisin est un personnage passionnant. Je discute ainsi pendant la plus grande partie du voyage avec un vieux monsieur de 85 ans.

Originaire du Pendjab, il m'explique avoir fuit sa région natale au moment de la séparation Pakistan-Inde en 1947. Puis nous discutons religion, philosophie, sens de la vie. L'Inde réserve des instants parfois surprenants. Parvenus à Jaipur, nous nous quittons meilleurs amis du monde sur le quai de la gare.

Je décide de me rendre dans le quartier des hôtels à pied pour mieux prendre la température de la ville que je m'apprête à découvrir. Jaipur est une ville moyenne à l'échelle indienne mais abrite tout de même 2 millions de personnes. Ce n'est pas encore ici que je trouverai la sérénité ! Mais les chameaux, les éléphants, les saris multicolores et les hommes enturbannés donnent le signal d'une Inde plus authentique.

                    

entrée de palais, JaipurJe me suis installé dans une pension de famille. Le patron est un personnage surréaliste.

Alors qu'il me fait visiter ma chambre, je le surprends en train de renifler les murs de ciment à plusieurs reprises. Au début, je pense qu'il vérifie si le ciment est sec mais depuis, je suis convaincu qu'il est atteint d'un toc... je me retiens donc de rire à chaque fois que je le croise !

Cet après-midi, je visite un fort qui surplombe la cité en compagnie d'une Belge et d'une Polonaise rencontrées au moment du déjeuner et qui partent pour Bénarès ce soir.

Le lendemain matin, après un bon lassi (boisson à base de yaourt), je pars à la découverte de Jaipur.

Première épreuve, traverser les "avenues". C'est une vraie corrida entre rickshaws à moteur (mobylettes trafiquées avec une banquette couverte à l'arrière), rickshaws à pédale, motos, bus, voitures et dromadaires. Mais on finit par aimer.


marchande de fruits, Jaipur Je vais tout d'abord faire le tour des monuments phares de la vieille ville, le palais de machin, l'observatoire du maharadjah machin, le minaret de machin et pour finir le palais du Maharadjah actuel, un certain Machin Singh II. C'est superbe, comme dans les contes des Mille et Une nuits.    Je finis par faire une indigestion de groupes de voyageurs organisés et je décide de revenir dans les rues grouillantes de Jaipur. Et là c'est le drame ! J'ai faim ! Pas un MacDo, pas un Paul à l'horizon pour m'envoyer un bon vieux mixte jambon emmental ! Je me résous donc a manger comme les locaux. Les Indiens adorent manger toutes sortes de choses frites dans l'huile. Les vendeurs sont installés sur le bord de la route et proposent toutes sortes de boulettes, samosas et autres beignets inconnus. J'en choisis un dont l'huile semble avoir été changée depuis moins de 2 ans, garantie de fraîcheur absolue et je désigne un truc au hasard.  C'est parti, je mange mon premier pakoda frit avec une sauce tellement épicée qu'elle doit tuer a coup sûr tous les germes. Et c'est bon ! Et ce déjeuner royal ne me coûte que la modique somme de 10 centimes !    

   

rues de Jaipur, la roseJe vais ensuite me perdre dans le bazar.

Ici, un barbier taille la moustache de son client sur le trottoir. Là, une vache broute dans un tas d'ordures.

Plus loin, un homme sans jambes bondit sur ses seules mains au milieu de la folle circulation.

Il se passe mille choses autour de moi et je peine à enregistrer ce flot d'images. Que les rues de Paris me sembleront calmes après tout cela !

Je m'engouffre dans une ruelle adjacente. On me dévisage avec curiosité, ce n'est visiblement pas un quartier touristique. Les enfants me saluent et certains tiennent à me serrer la main. Un Indien me prend en photo. Les gens sont aussi curieux de moi que je le suis d'eux. Je réclame 50 roupies pour la photo, ce qui fait rire tout le monde. J'ai peut-être trouvé là un bon moyen de financer mon voyage !

  

  

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Publié à 11:42, le 18/11/2008, Jaisalmer
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Entre Orient et Amérique Latine, ce sont des voyages pleins de rencontres et d'émotions qui ont nourri ces textes et ces impressions à chaud que je compile ici. En illustration, voici aussi quelques photographies de ceux du bout du monde et de leurs pays.


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